Persévérance et Volonté en Maçonnerie

Persévérance et Volonté en Maçonnerie

Depuis 1723 l’ordre maçonnique est régi par les constitutions d’Anderson qui exigent de chaque maçon un comportement respectueux de sa nature et de la société en général.

Cette responsabilité constitutionnelle d’exigence et d’excellence est la première pierre sur laquelle peut se construire une morale universelle d’ouverture à la vie et du « bien vivre ensemble » qui s’enrichit par défaut de la diversité des cultures et des races.

L’histoire des hommes montre à l’évidence qu’une méthode de vie enseignant à la fois la tolérance dans le respect des différences culturelles et philosophiques, s’est toujours heurté aux idéologies organisationnelles lorsqu’elles sont d’origine religieuses ou politiques.

La conséquence est toujours la naissance de communautarismes exigeants , irrespectueux des équilibres politico-culturels  fracturant la société et engendrant dans certaines situations  la haine de l’homme par l’homme .


 

L’irrespect qui en découle devient une norme sociétale acceptée par tous comme un processus banal qui engendre une souffrance d’autant plus difficile à vivre qu’elle semble inéluctable puisque incluse dans la survie même du système organisationnel.

Le franc maçon dans ce début de millénaire vit intensément dans cette société fracturée,  divisée où se meuvent conjointement des forces complémentaires et antagonistes  d’une complexité inimaginable.

Mais pourquoi persévérance et volonté en maçonnerie ?

Parce que l’émergence d’un individualisme de progrès se heurte à « un futur de vivre ensemble » incertain.

Les tensions qui naguère étaient gérées par une morale transcendant un Dieu extérieur omniscient et omnipotent, ne correspondent plus à la célérité d’un monde qui doit réinventer une transcendance plus intériorisée, en quelque sorte plus initiatique.

La franc maçonnerie en tant que moteur de création d’altruisme par la voie initiatique, se retrouve après 285 ans d’existence, d’une modernité exceptionnelle, puisqu’elle est parfaitement adaptée à la transformation de l’individualisme, dans un collectif social harmonieux, édifié et structuré, sans  idéologies , ni dogmatismes..

En conséquence , la responsabilité et l’engagement du franc maçon doivent persévérer encore plus que par le passé.

Persévérer en prenant compte dans sa vie, son travail,  sa famille et la société, les valeurs issues de notre méthode maçonnique.

L’œil dans le delta, cet emblème qui nous fait face, revêt une importance considérable pour notre vie future et présente.

Il nous incite à élever des temples à la vertu et à creuser des cachots pour le vice.

En avançant dans cette voix, on se fortifie, ce qui exalte l’accomplissement des devoirs moraux humains et sociaux qui font la grandeur de l’excellence du système maçonnique.

Il n’y a pas d’ambiguïté sur cette notion indispensable à toute quête initiatique : la volonté de persévérer.

Persévérance dans la voie que nous avons librement choisie, dans laquelle nous sommes engagés au sein de la loge à laquelle nous sommes fidèles sans nous disperser…

Persévérance et  volonté d’aller au delà des contingences et des contraintes matérielles , au delà des soucis et des aléas de la vie, en pratiquant les sciences de la vie avec une attitude respectueuse de l’éthique sociétale, parfois même par le sacrifice de notre ego.

Dans cette optique , le progrès et la tradition doivent être les deux mamelles qui nourrissent l’entendement et l’éthique tout en fortifiant la raison d’être vivant , joyeux et constructif dans le grand chantier de la construction du temple universel.

Persévérons afin justement de respecter notre engagement de par notre serment, sans attendre une quelconque réussite ou récompense sinon celle  d’avancer un peu plus sur notre chemin, sur notre voie respective.

Persévérance liée à la volonté, telle l’équerre au compas, le ciseau au maillet, la matière à l’esprit, la réflexion à la conscience ; car comme l’écrit Rabelais, la science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

Mais qu’est ce que le SAVOIR sans la compréhension, sans l’assimilation de la CONNAISSANCE initiatique ?

Persévérance, volonté mais aussi vigilance que nous avons tous vu dans le cabinet de réflexion avec le coq gardien du jour et de la vie, emblème du courage chez les Grecs , mais aussi emblème de fierté de droiture, de loyauté et de fécondité chez les Gaulois ; la voix du coq , explosion matinale de vie sur le monde enténébré, premier cri de guerre à l’inertie.

Persévérance volonté mais aussi vigilance qui nous fait parfois défaut lorsque par lâcheté, négligence laxisme ou tout simplement par lassitude on laisse faire, on laisse aller.

Soyons vigilants à persévérer pour le respect de nos traditions comme je le dis plus haut, de nos rituels, de nos règles à transmettre telles que nous les avons reçues de la chaîne initiatique, pour l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité auquel nous adhérons , à proclamer à vivre au cœur de nos loges dont la qualité de l’égrégore, dépend de la justesse de nos actions dans le monde profane comme dans l’univers maçonnique.

La persévérance c’est de laisser briller la lumière de l’espérance à devenir un homme libre dans nos engagements librement choisis, et la volonté c’est la foi du maçon qui sans cesse travaille à ce devenir.

Bien sûr on se  débarrasse pas complètement du vieil homme, et durant notre vie ici bas, nous devons équilibrer nos différentes forces qui nous animent ; le travail sur nous mêmes ne s’arrête pas et le maçon sait qu’il doit persévérer à son perfectionnement avec cette foi qui doit l’habiter, cette foi que j’appellerai la volonté de marcher sur le chemin qui le mènera à converger au but que nous propose la franc-maçonnerie.

Au moyen âge, les bâtisseurs de cathédrales, se donnaient de toutes leur forces à leurs œuvres, parce qu’ils étaient motivés par une ambition spirituelle.

Nous pourrions nous interroger sur l’avenir de ces bâtisseurs :

Qui parmi ceux-ci avaient la joie de découvrir la beauté des vitraux de ces dites cathédrales , installés bien des années après la construction de leurs bases ?

La persévérance associe la fraternisation active à la réalisation du chef d’œuvre.

Grâce à la clarté de notre conscience, notre intelligence peut fermenter notre volonté, et  cette volonté est une signature personnalisée  d’un devenir qui guide notre démarche vers l’autre.

Ainsi s’accomplit petit à petit la dynamique de notre vie  personnelle et l’essor de notre vie intuitive.

La volonté du franc- maçon l’incite à persévérer vers une tendance propice à l’ouverture, à l’écoute, au partage, à la tolérance, au don.

D’après le sens général donné au mot vertu, les quatre vertus cardinales(la justice, la prudence, la tempérance, la force ) qui sont aussi des vertus morales,  se révèlent comme des moyens d’action pour les buts préalablement définis selon notre méthode reconnue.

Le levier est l’emblème de la puissance, c'est-à-dire de la force agissante, que nous empruntons aux formules de nos pensées pour les appliquer à des actes.

Tandis que les trois vertus théologales,(la foi, l’espérance et la charité)se définissent d’après leur principe et sont aussi le résultat des forces naturelles.

Etant donné le libre arbitre, il appartient à l’être, à chacun d’entre nous, de déterminer comment ces forces, ces énergies seront employées.

L’évolution des mœurs dans une société effrénée où il faut  « rivaliser » la morale, le civisme et la tolérance, c’est une nouvelle chance pour chaque maçon, d’enrichir encore plus par sa volonté, sa persévérance et son engagement en maçonnerie comme dans le monde profane, les liens entre les hommes, afin que les inévitables tensions générées par notre société en pleine mutation, se résolvent au mieux pour les générations futures.

Il ne faut pas que nos enfants et petits enfants se sentent abandonnés sur l’autel d’une raison, simplement raisonnante.

Demain c’est déjà aujourd’hui, alors gagnons notre temps, et enrichissons sans tarder nos valeurs maçonniques dans le respect des règles, dans cette école de vie qui est la notre, pour que naisse de par tous les hommes de bonne volonté, une société généreuse et tolérante respectueuse de la nature et, finalement digne d’être vécue.