NAPOLÉON BONAPARTE, était-il Franc-maçon?

 

Felix qui potuit verum cognoscere causas.

(heureux celui qui a su pénétrer les causes secrètes des choses)

VIRGILES (Géorgiques II 489)

Dans ce morceau d’Architecture, certes je n’apporterai pas,une affirmation de l’apparte-

nance de BONAPARTE à la F..M.. mais une forte présemption.

« Pour BONAPARTE, la « LUMIERE »qui illumine l’esprit ne s’est jamais éteinte un ins

tant. Voilà pourquoi sa destinée a eu cette splendeur que le Monde n’avait pas vue avant

lui et qu’il ne verra peut-être plus aprés lui ». (GOETHE)

L’INITIATION  DE BONAPARTE :

NAPOLEON appartenait à une famille de F..M...Son père Charles l’était comme ses frêres Lucien, Joseph, Jérome, et Louis, comme aussi ses beaux frêres Joachim MURAT,

Félix BACCHIOCHI et le prince BORGHESE,  comme enfin sa femme Joséphine, épouse d’un BEAUHARNAIS F..M.. et mère du Prince EUGENE qui l’était aussi.

François COLLAVERI (1) a rassemblé un ensemble de document concernant l’initiation

de NAPOLEON. La place manquerait ici pour les reprendre l’un aprés l’autre, et les commenter, mais il faut bien dire  pourquoi il l’explique:

« Nous croyons  à cette initiation, en nous fondant non pas sur des simples opinions, fus-

sent elles favorables à notre thèse, encore moins sur de trop nombreux récits ou la fantaisie et le détail pittoresque tiennent lieu de références et de preuves.

- Nous avons seulement retenu les déclarations officielles des dirigeants les plus qualifiés

des grandes organisations M.., déclarations faites sollenellement du vivant de l’Empereur

et publiées avec l’approbation tacite et parfois clairement affirmée du second personnage

du régime CAMBACERES, chargé par NAPOLEON lui même de veiller sur l’activité

des loges.


 

- Il nous semble impossible que l’Empereur, attentif comme il l’était à tout ce qui se disait de lui, ait pu tolérer, si elle était fausse, une affirmation indéfiniment répétée, reproduite partout pendant  15 ans, en France et en Europe. Nous ne pouvons pas croire

à une supercherie indigne du personnage qu’il était, indigne, faut- il ajouter de la F..M..

de son temps.

- On sait que les F..M.. suivant une vielle tradition, déclamaient et chantaient en fin de

banquet, des vers et des couplets de leur composition. D’importants personnages n’hési-

taient pas à s’exercer dans ce genre mineur. Si l’on veut connaitre l’état d’esprit des

loges, il faut attribuer à ces vérifications, si maladroites soient elles, la même importance

qu’aux discours les plus soigneusement préparés. Sous l’Empire, ces fantaisies qu’on hé-

siterait aujourd’hui à qualifier de Poétiques, furent trés souvent consacrées à : NAPOLEON F..M..

« Du peuple, il a comblé les voeux,

Il en est chéri comme un Père,

Et nous, encore plus heureux

Nous le reconnaissons comme Frêre. »

(chanté le 10 Avril 1801, à la Parfaite Union de DOUAI)

ou bien:

« Parmi les fils de la lumière,

BONAPARTE, lui seul choisi.

Et pour pacifier la terre,

Un seul F..M.. a suffi ».

(couplet du F.. DUCOLOMBIER, futur préfet (Le Miroir de la Vérité)

.

Il y a des dizaines de couplets de ce genre dans les comptes rendus, imprimés ou non des

fêtes et cérémonies célébrées aux 4 coins de la France. D’autres vers, d’autres strophes

enchantaient de même les convives des loges travaillant dans les états conquis ou vassa-

lisés.

Ainsi à FLORENCE, où on installe une loge qui a pris pour titre distinctif « ELISA »,

prénom de la grande duchesse de TOSCANE, soeur de l’Empereur, c’est le Colonel JUBE (qui sera plus tard Préfet) commandant la 29éme région de gendarmerie, qui déclare :

« Qu’il vive à jamais ce patron,

Que l’Univers entier révèle,

Cet immortel est F..M..

Ce grand monarque est notre Frêre ».

La plaquette imprimée où nous retrouvons ces vers, précise que la première pensée des

participants à la cérémonie de FLORENCE avait été pour NAPOLEON l’illustre F..M..

qui travaille à la gloire du Nom Français.

Vers la fin du régime, en dépit d’une certaine désaffection, la même certitude reste intacte au sein des loges, où l’on continue de rendre hommage à l’Empereur F..M...Ainsi

en 1812, pour accueillir le préfet de MARENGO, les M.. du département, toutes loges

confondues tiennent une réunion dont ils impriment le procés verbal, ils y reproduisent

le couplet suivant :

« Dans la famille du M..

Il est le heros, des monarques

Témoin notre illustre patron,

Qui s’est décoré de nos marques »

.

En bas de page, on a bien soin d’ajouter, afin qu’il n’y ait de doute pour personne

« NAPOLEON » (fête de NAPOLEON le Grand, célébrée en présence du T..I..F..

DUCOLOMBIER, préfet de MARENGO, et par tous les M.. du département).

Ces strophes ne font que reprendre les déclarations plus sérieuses dans la forme et que

certains jugeront plus convaincantes, faites solennellement au cours d’assemblées nom-

breuses ou de manifestations de caractères national, par les responsables les plus quali-

fiés de la M..Française. Sitôt faites, ces déclarations étaient imprimées et répandues quel-

ques unes à des milliers d’exemplaires. Comment soupçonner leurs auteurs de légèreté

d’imprudence de langage, alors qu’ils pouvaient avoir à rendre compte des propos qui

intéressaient personnellement le Chef d’Etat?

Multiplier les citations serait fastidieux. Nous venons de reproduire l’affirmation d’Etien-

ne JOLY (2). Personne n’aurait parler avec plus d’autorité que lui. Il le faisait avec la

caution de CAMBACERES, à qui le discours avait été préalablement soumis (ce point

précisé dans un compte rendu  imprimé :(« Fête des victoires célébrée au G..O.. de FRANCE, le jour de la Saint JEAN D’HIVER 5805, de l’imprimerie du G..O..de FRANCE, au local du CHATELET) et en présence de nombreux ministres et autres dignitaires du régime.

Et voici une seconde affirmation tout aussi catégorique; elle est du Maréchal KELLER-

MAN membre de la loge « SAINT NAPOLEON ». On sait qu’il fut l’un des dignitaires

les plus respectés de l’Ordre M.. nous avons montré qu’il a été l’artisan le plus efficace

du rapprochement voulu par NAPOLEON, des fédérations de loges jusque là opposées.

C’est lui qui fut personnellement chargé de mettre sous les yeux de l’Empereur l’accord

obtenu des organisations rivales.

Or que dit le vieux Maréchal « grand Administrateur de l’Ordre de FRANCE » lorsqu’il

s’adresse à ses FF..,ses concitoyens d’ALSACE réunis à STRASBOURG en présence des plus  hautes autorités de la ville ?

« qu’une amitié sincère soit le sceau du serment que nous contractons tous en présence du G..A..D..L..U.. d’une soumission sans bornes à notre Auguste Empereur et Frêre

NAPOLEON le Grand ».

(travaux de la R..L..la CONCORDE  à l’O.. de STRASBOURG, favorisés de la présence

de l’Ill..F..DE GRASSE TILLY représentant immédiat du S..G..M..du G..CHAPITRE

de FRANCE  (GRASSE TILLY était le chef du RITE ECOSSAIS auquel appartenait

KELLERMAN).

- Dans nos recherches, nous n’avons trouvé aucun personnage revêtu d’égales dignités

civiles, militaires et maçonniques, qui ait fait, du vivant de l’Empereur et pourrait-on

dire, de son consentement, une déclaration qui viendrait contredire les affirmations que

nous venons de reproduire;

C’est pourquoi nous tenons pour assurer, que l’initiation de NAPOLEON, n’est pas une

légende, qu’il fut reçu F..M.. en EGYPTE comme le proclamait le G.. O.., étant admis cependant que, s’il connut la M..de l’intérieur, il ne s’y intéresse vraiment qu’à partir du

moment où elle devint un des instruments de sa politique.

Voici, maintenant quelques éclaircissements sur François COLLAVERI et Etienne JOLY

précédemment cités :

FRANCOIS COLLAVERI :

Préfet de région honoraire, écrivain  passionnné par l’Histoire de la F..M.. des XVIII et

XIXèmes siècles. A exploré les dépôts officiels d’archives et ceux privés et moins connus

existant dans de nombreuses bibliothèques et au siège d’organisations M..de FRANCE

et de pays européens.

Le résultat de ses recherches et de ses travaux sur la période impériale a fait l’objet d’une

thèse soutenue par lui devant l’Université de POITIERS et d’un ouvrage qui a paru dans

la bibliothèque du PAYOT, sous le titre « LA F..M.. DES BONAPARTE » (PARIS 1982).

La F..M..  »au temps »des BONAPARTE conviendrait mieux à son titre. En effet, si JO-

SEPH fut G..M..du G..O.., LOUIS,son adjoint et MURAT 1er G..S.., si 11 des 18 Maré-

chaux de la première promotion de 1804 (19 MAI - 29 FLOREAL AN XII) :

- Maréchaux honoraires : KELLERMANN, LEFEBVRE, PERIGNON, SERURIER.

- Maréchaux titulaires :BERTHIER, MURAT, MONCEY, JOURDAN, MASSENA,

AUGEREAU, BERNADOTTE, SOULT, BRUNE, LANNES, MORTIER, NEY,

DAVOUT, BESSIERES.

Ainsi que le Grand Chancelier de la Légion d’Honneur LACEPEDE, étaient titulaires de

hauts grades dans diverses R..L.., les véritables chefs de la renaissance M..en FRANCE

sous le CONSULAT et de sa puissance sous l’EMPIRE furent CAMBACERES et ac-

cessoirement FOUCHE. On n’imagine pas que de tels parrainages aient pu être accordés

à l’insu de NAPOLEON ni son consentement. C’est ce qu’ exprime fort clairement

PORTALIS s’adressant à l’Empereur.

« Avec le retour au calme on a vu renaitre les loges. Il a été infiniment sage de les diriger

puiqu’on ne pouvait plus les proscrire; Le vrai moyen de les empécher de dégénérer en

assemblées illicites et funestes a été de leur accorder une protection tacite, en les laissant

présider par les premiers dignitaires de l’état. Votre Majesté dont le génie embrasse tout,

a donné par là à ces établissements une impulsion invisible qui était seule capable de pré-

venir tous les dangers et tous les abus ».

ETIENNE  JOLY :

Ancien ministre de la Justice sous LOUIS XVI, devenu Conseiller d’état pendant tout le

règne sera l’Orateur le plus fréquemment désigné par le G..O... Pour illustrer les FETES DE L’ORDRE, pour la FETE DES VICTOIRES qui devait réunir les représentants de

toutes les loges de l’Empire et au cours de laquelle il prononça un discours qui semble résumer les rapports de l’Empereur avec la F..M.. de « l’Auguste Monarque». Le récit

qu’il fait du renouveau maçonnique ne peut pas être plus clair en ce qui concerne l’ini-

tiation même de BONAPARTE.

Voici un extrait de ce discours prononcé au G..O.. deux semaines aprés la cérémonie

d’installation de CAMBACERES comme G..M.. Adjoint du 13-12-1805 :

« Suivez un moment avec moi ses soins affectueux et paternels.

- D’abord sur un des points éloignés de l’Empire, au milieux des travaux glorieux qui

l’occupent, il recherche lui même, il découvre, et dans les mêmes lieux où la M.. pris

naissance, il reçoit la LUMIERE qui devait  le frapper d’un si brillant éclat (la plaquette

imprimée par le G..O..est envoyée à toute les loges de l’Empire, donnait cette précision :

« EN EGYPTE »).

- Rendu au continent qui le réclame, parvenu au faîte du pouvoir, NAPOLEON connait

il apprécie l’Ordre sublime auquel il appartient « sur tout » par ses vertus et par sa pro-

tection; il le souffre, et bientôt il permet les encouragements.

- L’impulsion est donnée, la pensée  du Grand Homme est connue; le CONSULAT est

signé; il a la tache encourageante du pouvoir, et presqu’au même instant nos ateliers sont

réouverts, les loges sont peuplées, la F..M.. est illustrée par le concours de ces hommes

recommandables qui brillent si éminemment dans les conseils et à la tête des armées.

- Deux derniers traits manquaient à sa touchante volonté. Sa Majesté, la signale, NAPO-

LEON ne peut se trouver au milieu de vous, mais d’abord il fait choix du plus éminent en

dignités et nous recevons comme précurseur le Sérénissime G.. M.. Adjoint l’ILL..F..

CAMBACERES.

- Bientôt la faveur se manifeste de manière encore plus éclatante.

- Ce sont les augustes frêres du Monarque qui prendront parmi nous les rènes du pouvoir,

celles de notre administration.

- Et s’il manque quelque chose au bonheur, à la solennité de cette mémorable jounée, c’est la présence de S.A.I., l’ILL..G..M..le Prince JOSEPH, que nous aurions été flattés de posséder ».

CAMPAGNE D’EGYPTE

Afin de compléter mon étude sur l’Initiation de BONAPARTE qui est fort complexe, mes

recherches, m’ont amené à disséquer d’autres documents historiques concernant « LA

CAMPAGNE D’EGYPTE »,notamment sur la mission scientifique et cuturelle entreprise

lors de cette expédition.

Cette dernière débute le 30 FLOREAL (19 MAI 1798) à TOULON ( Port de la Montagne)

lorsque le Général BONAPARTE appareille sur le vaisseau « L’ORIENT » (bâtiment au

nom prédestiné).

Tout comme « ALEXANDRE le GRAND » il s’entoure de savants et de sages, il crée une

commission de sciences et des arts destinée à accompagner l’armée. Cette dernière devra

être chargée d’étudier l’histoire, les moeurs, les usages, la climatologie, la géologie, la flore

la faune des pays qu’il va conquérir, afin de publier les résultats de cette colossale enquète.

Il s’occupe lui même directement du choix des membres de cette commission,sollicite les

savants les plus illustres, désigne les autres et n’en accepte aucun sans examen. Il obtient

l’adhésion de BERTHOLLET(le chimiste, qui découvrit les propriétés décolorantes du

Chlore et leur application au blanchiment des toiles, l’emploi du charbon pour purifier

l’eau, les explosifs chlorates et l’énoncé des lois de la double décomposition des sels) qu’il

charge de recruter les jeunes hommes les plus distingués de l’institut du Muséum et de l’éco-le Polytechnique. Il lui faut aussi MONGE (le mathématicien,créateur de la géométrie des-criptive et l’un des fondateurs de l’école Polytéchnique) comme autre tête de la commission.

Cette dernière ne comprenait pas moins de 100 membres (167 exactement) :

- 21 Mathématiciens, 3 Astronomes, 15 Naturalistes et Ingénieurs des Mines;

- 17 Ingénieurs Civils, 15 Géographes;

- 4 Architectes, 3 Elèves Ingénieurs Constructeurs;

- 8 Dessinateurs, 1 Sculpteur, 10 Artistes mécaniciens;

- 3 Pyrotechniciens;

-10 Hommes de lettres et secréraires;

- 15 Consuls et interprètes;

- 18 Officiers de santé;

- 22 Imprimeurs ;

- 2 Artistes musiciens.

Elle se composait d’hommes distingués ou connus, appartenant a monde scientifique, artis-

tique ou littéraire. Beaucoup d’entre eux faisaient déjà partie de l’Institut de FRANCE.

- La GEOMETRIE avait FOURRIEZ et COSTAZ;

- l’ASTRONOMIE : NOUET, QUESNOT et MECHAIN;

- les MATHEMATIQUES : MONGE;

- la CHIMIE : BERTHOLLET et SAMUEL BERNARD;

- la MINEROLOGIE : DOLMIEU et ROZIERE;

- la ZOOLOGIE : GEOFFROY, St HILAIRE et SAVIGNY;

- la CHIRURGIE : Antoine DUBOIS, DESGENETTE et LARREY;

- l’ART des INGENIEURS : LEPERE, FAYE, JACOTIN et LECESNE;

- les ANTIQUITES : POURLIER et RIPAULT;

- l’ECOLE POLYTECHNIQUE, la Littérature, l’Architecture, le Dessin, la Sculpture, la

Gravure, la Musique et les Langues Orientales étaient également représentés et les noms de

NORRY, DUTERTRE, CASTEIX, VILLIER de TERRAGE, DUCHANOY, PARSEVAL de

GRAND MAISON, RAICE, VILOTEAU et MAGALLON l’ancien Consul de FRANCE au

CAIRE, restent attachés à l’histoire de cette mémorable campagne.

- Les Interprètes : VENTURE, JAUBERT,PANHUSEN et les Imprimeurs Orientalistes

MARCEL, PUNTIS et GALLANT complétaient la Commission.

Il charge le Général CAFFARELLI de tous les détails concernant cette dernière.

Il lui confére la fonction de Chef d’Etat Major (Ordre du jour de l’ARMEE de TOULON

du 16 FLOREAL AN VI - MAI 1798).

Il apparait, que les heures vécues par BONAPARTE en EGYPTE et plus particulièrement

en TERRE SAINTE, furent les plus douloureuses, peut être les plus héroîques, certainement

les plus intenses de sa prodigieuse vie.

Au pied du Mont CARMEL, devant SAINT JEAN D’ACRE, il connut en effet les plus grandes exaltations et l’extrème désespoir.

Battu pour la première fois, torturé, trahi, prisonnier de la flotte Britannique (destruction de

la flotte Française à ABOUKIR le 1er AOUT 1798), loin de PARIS, poursuivi dans sa pre-

mière retraite par les plus grandes calamités de l’univers : la peste, la désaffection de ses

soldats, par le Pacha d’ACRE, type parfait du bourreau oriental et par la haine Anglaise, il

touche le tuf de la souffrance humaine.

Il fait face.

- Eh bien dit-il, impossible, il faut mourir ici ou en sortir grandi comme les anciens.

« Il faut savoir nous suffire à nous même, l’EGYPTE est remplie d’immenses ressources;

il faudra les développer. Autrefois l’EGYPTE à elle seule formait un puissant royaume;

pourquoi cette puissance ne serait elle pas recréee et augmentée des avantages qu’assurent

avec elles les connaissances actuelles, les sciences, les arts et l’industries ? »

Dans cette tempête qui menace de l’emporter, son esprit demeure logique, au service d’un coeur ferme comme le plus pure granit de sa CORSE natale.

Alors se réalise le prodige, les Héros d’ITALIE et des PYRAMIDES, le Héros d’ARCOLE et

du MONT THABOR s’égale aux Saints de TIBERIADE et aux prophètes du MONT CARMEL.

Toujours debout, faisant face immédiatement à tout, avec un fulgurant à propos. Sur cette

terre de PALESTINE, Patrie des souvenirs divins, il apparaissait comme le dieu de la Victoire, ses soldats de l’AN VII ( pour la plupart de l’AN II) des grognards déjà! l’auraient

suivi jusqu’au dernier souffle.

Foisonnant, inlassable, son génie jette alors sur la vieille terre des Pharaons toute une semence d’idées, d’inventions, des travaux qui plutard la feront refleurir. Son ingéniosité

ardente dans la création, minutieuse dans le détail embrasse tous les domaines. Tandis que

DESAIX monte vers la Haute EGYPTE pour soumettre le pays, il crée une police, établit des

tribunaux, installe des poudrières, des fonderies, des arsenaux, des fabriques, des moulins,

des fours à pains, une imprimerie des journeaux. Ses ingénieurs surtout LEPERE, recher-chent l’emplacement des canaux de l’antiquité. Il se rend lui même à SUEZ pour étudier le

percement de l’isthme:

« Les restes du canal, dit-il prophétiquement, sont parfaitement conservés et il n’y a aucune

espèce de doute qu’un jour, les bateaux ne puissent transporter les marchandies de SUEZ à

ALEXANDRIE ».

Le Commandant BROUSSARD découvre à ROSETTE une pierre gravée à la fois en grec et

égyptiens ce qui permi de poursuivre l’étude des hiéroglyphes.

Vis à vis des habitants, il poursuit la politique qu’il avait annoncé dés son arrivée. Par tous

les moyens, il s’applique à gagnerleur amitié. Au fond indifférent aux formes religieuses, il

témoigne de sa déférence pour le Prophète et les croyances musulmanes.

« Ayez, ordonne-t-il à ses soldats pour les cérémonies que prescrit le CORAN, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eues pour les couvents, pour les synagogues,

pour la religion de MOISE et de JESUS CHRIST. Les légions Romaines protégeaient toutes

les religions. Vous trouverez ici des usages différents de ceux de l’EUROPE. Il faut vous y

accoutumer ».

Lui même s’instruit des cérémonies et des rites arabes, il protège les caravanes qui vont à la

MECQUE, converse avec les Imâms. Il s’efforce de tirer de leur agonie, les autorités locales

affaissées sous le despotisme des Mamelucks. Il visite les Cheiks, essaie de reveiller en eux un esprit national. Il s’attache les Coptes, dont il promet d’améliorer le sort. Dans les provin-

ces, il constitue les DIVANS de notables, établit sur des traces probes, la perception des impôts. La JUSTICE est laissée aux Cadis. Durant son séjour au CAIRE, au moment de

l’inondation annuelle, il assiste à la fête du NIL; aux côtés du Pacha représentant du Sultan

qu’il traite avec égard, il donne le signal de percer la digue qui retient le limon fertilisant.

En même temps il fait participer les Cheiks aux solennités de la République et les reçoit à sa

table avec honneur.

Aprés la conquête militaire, c’est aussi une conquête pacifique, elle étonne et séduit le peuple

Egyptien, laissant chez lui un persistant souvenir. Les Français en sont aimés.

J’ai  pu relever sur divers documents anciens et contemporains, notamment :

- Le NAPOLEON d’Octave AUBRY;

- les MEMOIRES DE Ste HELENE de LAS CAS;

- BONAPARTE EN  PALESTINE de Pierre COSTANTINI;

- la CAMPAGNE D’EGYPTE de DE LA JONQUERES;

- l’HISTOIRE DE NAPOLEON de  DE NORVINS;

- les MEMOIRES du Baron  Dominique LARREY.

des discussions fortes intéressantes dont certaines phrases sont éloquentes sur l’appartenance

de BONAPARTE à la F..M.. comme :

- à MARMONT :

« Je mesure mes rèveries au COMPAS de mon raisonnement »;

- à Géoffroy DE St HILAIRE :

« La dignité des sciences, c’est le seul mot qui rende exactement ma pensée, je ne connais pas de plus belle emploi de la vie de l’homme, que de travailler à la connaissanc de la nature et de toutes les choses à son usage, placés sous sa pensée dans le monde matériel.

- Au Père RECCO, qu’il connut au MONT CARMEL (ce dernier était un moine de Terre

Sainte, connaissant la région et ayant habité la Ville d’ACRE. Il le prit pour éclaireur afin de

reconnaître les fortifications d’ACRE du haut du Mont ) :

l’hermite expliquait :

« le CARMEL est dominé par le souvenir du Prophète ELIE. Tout  parle de LUI,

la fontaine d’ELIE, la grotte des Prophètes »

- il lui répondit :

« Hâtons nous ! Apprenez moi à lire les mystères du CARMEL. Montrez moi tout cela. On

apprend sans cesse; la vie se passe à déchiffrer le grand livre de l’univers ».

Le Père dit :

« Le CARMEL est un pôle d’attraction. PYTHAGORE y vint visiter un Temple 600 ans avant JESUS CHRIST. C’est là qu’il conçut sa MORALE UNIVERSELLE, fondée sur la

METEMPSYCOSE ».

- il répondit :

« Oui, le savant ou le philosophe rejoint fatalement le Saint, pour le compléter, il faut le

guerrier. Telle est la TRINITE ».

- Il disait à NOUET :

« j’ai pour moi la logique et l’approbation silencieuse des astres d’où nous observe l’OEIL

de la POSTERITE ».

- Et à MONGE :

« les idées n’ont jamais manqué à nos prédécesseur, je les ai simplement étudiées avec atten-

tion, comprises, clarifiées, utilisées... et j’y ai ajouté l’étincelle divine... de l’action, c’est peu

... je crois que c’est tout ».

Il semblerait, qu’il avait prononcé ces derniers mots d’un ton prophétique et ferme en regar-

dant au loin, car il avait pour habitude de contempler les étoiles, plus particulièrement la plus claire, la plus brillante, la plus attirante et la plus lumineuse; l’Etoile des MAGES...ou

celle des PROPHETES sans doute. Il semblait vouloir l’interroger comme par l’inspiration,

ou sonder l’avenir.

La plupart des membres de la mission qui l’accompagnaient dans cette campagne étaient M..

de vieux rites initiatiques anciens (RITE MEMPHIS ou RITE ANCIEN et PRIMITIF);

- Notamment MONGE, qui lors de cette expédition, était déjà initié depuis 1770 par la loge

« UNION PARFAITE » du Corps Royal du Génie de MEZIERE (cette loge fut créée par la

G..L.. LE 3 JUIN 1765, reconstituée le 29 AOUT 1772 est devenue le G..O.. le 11 AOUT 1774) dont il fut l’Ora.. en 1774 avec le grade de Chevalier d’Orient, puis en 1780, 1er Sur..

comme Chevalier « ROSE CROIX »;

- DOLOMIEU : Chevalier de MALTE, membre de la loge des « 9 SOEURS » OR..de PARIS

(loge la plus célèbre de la M.. Française avant 1789). L’Abbé BARRUEL le mentionne parmi

les membres de l’atelier à la veille de la révolution.

- PARSEVAL de GRAND MAISON : Membre de la loge « SOCIETE OLYMPIQUE » en

1786 (Société souchée sur la loge « l’OLYMPIQUE DE LA PARFAITE ESTIME), consti-

tuée en 1779 par la  »MERE LOGE ECOSSAISE DU CONTRAT SOCIAL » et qui obtint de

nouvelles constitutions du G..O.. en 1782-83 de même que certains Officiers de son Etat Ma-

jor fortement aguerris dans le parcours de la » VOIE ROYALE » comme :

- MENOU : Initié en 1777 de la loge « LES COEURS UNIS » à l’OR..de LOCHES.

- DUMAS : Député de la loge « LA CONSTANCE EPROUVEE » à l’OR.. de PARIS auprés

du G..O.., membre Honoraire de la loge « L’ANCIENNE et LA REUNION DES ELUS » à

l’OR.. de MONTPELLIER (1786 à 179O).

- CAFFARELLI du FALGA : Dignitaire de la G..L..Symbolique du G..O.. d’ITALIE, membre de la loge « REALE GIOSEFFINA » à l’OR.. de MILAN.

- MURAT : Qui devient 1er GS.. du G..O.. le 30 Septembre 1803, puis 2me GM.. le 13 Dé-

cembre 1805.

- RAMPON : De la loge « PARFAITE UNION de TOURNON » qui devint 33me du REAA

(1814) Expert Chambre d’Administration du G..O.. de FRANCE (1811) et Grand Conser-

vateur de 1819 à 1842.

- VERDIER : Membre de la loge « LA TRINITE » à l’OR.. de PARIS.

- BELLIARD : Membre de la loge « LES AMIS PHILANTHROPE » à l’OR.. de LORIENT.

- DAMAS : Membre de la loge « St PIERRE ES LIENS » à l’OR..de St PIERRE les

MOUTIERS (NIEVRE).

- LANNES : Administrateur  du G..O.. Officier d’Honneur.

- LARREY Dominique : Membre de la loge « LA SAGESSE » à l’OR.. de TOULOUSE puis

à la « SAGESSE NAPOLEON » à l’OR.. de PARIS et à la loge « LES ENFANTS de MARS » Ora.. du 22me Régiment d’Infanterie Légère.

- LASALLE : V..M.. de la loge de « St JEAN du CONTRAT SOCIAL » à l’OR.. de PARIS.

Quoi qu’il en soit de l’appartenance de BONAPARTE à la F..M.., qu’elle soit admise ou

refusée; il reste que NAPOLEON fut l’objet d’un véritable culte dans les loges. Le ton des

discours qu’on lui consacrait peut surprendre, mais c’était la façon de dire  d’une époque

où le moindre propos à l’adresse du pouvoir prenait facilement le ton de la flagonnerie.

Pour le simple accueil d’un préfet arrivant dans son département, on n’hésitait pas à parler

« des larmes de joie » versées par la population.

Il ne faut pas s’étonner de ce que les  F..M.. aient parlé comme leurs contemporains. Ils ne

risquaient pas de dépasser la mesure.

Un orateur disait expressément en 1806 en s’adressant aux membres de la loge « LES

FRERES UNIS »:

« Félicitons nous de ce que la langue du panagérique, voisine de l’exagération, et la langue

qu’on parle aux dieux de la terre, pour l’ordinaire si suspecte de flatterie, se trouvent par-

faitement d’accord avec la vérité sincère et la franchise maçonnique. »

Je terminerai ce » Morceau d’Architecture par cette phrase de GOETHE »

« NAPOLEON a cherché la VERTU, mais comme il ne la trouva pas, il prit le POUVOIR ».